Elle se fait des bouquets de ces fleurs, elle en pare ses cheveux, elle en parfume son sein, elle en mordille les pétales comme les jeunes filles font des roses. Saturée lentement de sucs vénéneux, elle est devenue elle-même un poison. Sa beauté, a quelque chose d'inquiétant, de fatal et de morbide. Ses cheveux, d'un noir bleu, tranchent sinistrement sur sa peau, d'une pâleur mate et verdâtre, où éclate sa bouche qu'on dirait empourprée à quelque baie sanglante. Un sourire fou découvre des dents enchâssées dans des gencives d'un rouge sombre, et ses yeux fixes fascinent. On dirait une de ces Javanaises, vampires d'amour, succubes diurnes.